Audience silhouettes facing a stage lit with purple light and haze, the typical setting of so-called group meditations at large events

Méditation, visualisation ou hypnose ? Ce qui se passe vraiment quand un orateur dit « Fermez les yeux »

Par Guglielmo Poli

Imaginez un palais des congrès. Huit mille places, pour la plupart payées des mois à l’avance. Les lumières s’éteignent. Un bourdonnement synthétique et grave monte des enceintes, si profond qu’on le sent dans la poitrine avant de l’entendre. Une voix, plus lente qu’avant, plus chaude, abaissée par un ingénieur du son et enveloppée de réverbération, annonce : « Fermez les yeux. Nous allons méditer ensemble. »

Ce qui suit dure vingt minutes. On vous demande de respirer, puis d’aller plus profond, puis plus profond encore. On vous invite à voir une porte, une lumière, votre moi futur. On vous annonce que vous allez sentir quelque chose basculer. Autour de vous, des gens se mettent à pleurer. Quelqu’un rit. Quand la lumière revient, la voix vous explique que ce qui vient de se passer prouve que vous êtes prêt pour le niveau suivant. Le niveau suivant a un prix, et l’offre expire à la fin de la journée.

Cette scène est une composition, et non le compte rendu d’un événement précis. Mais quiconque a assisté à de grands événements de développement personnel en reconnaîtra au moins une partie. La question que pose cet article est simple : était-ce de la méditation ?

Dans la plupart des cas, la réponse honnête est non. Au mieux, il s’agissait d’une visualisation guidée. Souvent, cela présentait tous les traits d’une hypnose collective. Ni l’une ni l’autre n’a, en soi, de quoi rougir. Ce qui pose problème, c’est d’appeler une chose du nom d’une autre, devant des milliers de personnes qui n’ont jamais accepté d’être hypnotisées.

Voyons ce que la science dit réellement de la différence entre méditation et hypnose, quelle place occupe la visualisation, pourquoi la confusion est si fréquente sur les grandes scènes, et ce à quoi nous nous engageons à Reconnective Academy International.

Trois pratiques, trois définitions

Méditation : une famille de pratiques qui entraînent l’attention et la conscience, en particulier la conscience de ses propres processus mentaux. Le pratiquant reste l’auteur de l’expérience et apprend à remarquer pensées, sensations et émotions sans se laisser emporter par elles.

Visualisation : la production délibérée d’images mentales (scènes, lieux, personnes, résultats), généralement pour susciter un état émotionnel ou répéter mentalement une action. Elle peut être autoguidée ou conduite par quelqu’un d’autre.

Hypnose : selon la définition adoptée par la Division 30 de l’American Psychological Association, un état de conscience impliquant une attention focalisée et une conscience périphérique réduite, caractérisé par une capacité accrue à répondre à la suggestion (Elkins et al., 2015). L’induction hypnotique est la procédure utilisée pour instaurer cet état.

Ad Unum : le cadre philosophique et expérientiel de Reconnective Academy International, qui signifie « vers l’Un » : un mouvement de la fragmentation vers l’unité, pratiqué et examiné plutôt que cru. Voir la page Ad Unum.

Ad Unum Experience est le programme structuré et incarné de l’Académie, dans lequel cette vision se vit à travers la pratique guidée, la réflexion et le travail en groupe. Ad Unum Energy Healing est la pratique de bien-être énergétique de l’Académie : complémentaire, elle ne remplace jamais un suivi médical ou psychologique.

Gardez ces trois définitions à l’esprit. La suite de l’article porte sur ce qui se passe lorsqu’on les brouille.

Ce que la méditation entraîne vraiment

L’attention, et la conscience de l’attention

Dans un article qui a fait date, Antoine Lutz, Heleen Slagter, John Dunne et Richard Davidson ont distingué deux grands styles de méditation : l’attention focalisée, où l’on maintient l’attention sur un objet choisi, comme le souffle, en y revenant chaque fois qu’elle s’égare, et le monitoring ouvert, où l’on repose dans une conscience non réactive de tout ce qui survient (Lutz et al., 2008).

Les deux styles partagent un élément crucial : la surveillance de soi. Le méditant ne se contente pas d’être attentif ; il remarque qu’il est attentif, et remarque quand il cesse de l’être. Cette capacité de méta-conscience est le cœur même de l’entraînement.

Trois familles, une même direction

Plus tard, Cortland Dahl, Lutz et Davidson ont proposé une classification plus large en trois familles : les pratiques attentionnelles, les pratiques constructives, qui cultivent des qualités comme la compassion, et les pratiques déconstructives, qui examinent la manière dont se construisent l’expérience et le sentiment de soi (Dahl, Lutz & Davidson, 2015).

La précision compte, par souci d’honnêteté. Certaines pratiques constructives, dans certaines traditions, font bel et bien appel à l’imagerie. Il serait donc faux d’affirmer que la méditation n’implique jamais d’images. Ce qui unit ces familles, c’est la direction du travail : vers plus de clarté sur son propre esprit, pas moins.

À quoi elle ressemble vue de l’extérieur

La vraie méditation est, disons-le franchement, peu spectaculaire. Vous vous asseyez. Vous respirez. Vous êtes distrait. Vous le remarquez. Vous revenez. Les recherches menées auprès de méditants expérimentés ont mis en évidence des différences dans l’activité du réseau du mode par défaut, un ensemble de régions cérébrales associées à la divagation mentale et à la pensée autoréférentielle (Brewer et al., 2011). Une vaste revue des programmes de méditation a trouvé des preuves modérées de bénéfices sur l’anxiété, la dépression et la douleur, et des preuves plus faibles pour d’autres critères (Goyal et al., 2014).

Observez ce que décrivent ces résultats : des changements lents et cumulatifs, construits au fil des semaines et des mois. Rien, dans la méditation telle qu’elle est étudiée, ne laisse penser que sa marque distinctive serait une salle de huit mille personnes en larmes au bout de vingt minutes.

La visualisation : le pouvoir de l’image intérieure

Pourquoi les images nous touchent

L’imagerie mentale n’est pas une pâle copie de la perception. Joel Pearson, Thomas Naselaris, Emily Holmes et Stephen Kosslyn ont passé en revue des données montrant que l’imagerie mobilise nombre des mêmes mécanismes neuronaux que la perception, et qu’elle peut influencer puissamment l’émotion, la mémoire et le comportement (Pearson et al., 2015). C’est pourquoi l’imagerie est utilisée dans des approches cliniques, en psychologie du sport et pour se préparer à des situations difficiles.

Autrement dit, la visualisation est un outil puissant. C’est précisément pour cela qu’elle mérite d’être nommée correctement.

Des usages légitimes

Un athlète qui répète mentalement un geste, une personne qui se prépare à une conversation difficile, un patient qui travaille avec un thérapeute sur un souvenir intrusif : ce sont autant d’usages légitimes de l’imagerie. Ils sont transparents sur ce qu’ils font, et la personne qui les utilise sait généralement pourquoi.

Là où les choses dérapent

La visualisation devient problématique lorsqu’elle est présentée comme autre chose, lorsque les images sont choisies par quelqu’un qui a un intérêt commercial dans ce que vous ressentirez ensuite, et lorsque l’expérience est présentée comme une preuve (« vous l’avez ressenti, donc c’est vrai ») plutôt que comme une technique qui produit des émotions sur commande. Une émotion intense pendant une visualisation prouve que l’imagerie est puissante. Elle ne prouve rien sur l’orateur, sur le programme ni sur votre destinée.

L’hypnose : la suggestion, pas le sommeil

Ni sommeil, ni rayon de contrôle mental

L’hypnose n’est ni le sommeil ni la perte de volonté que montrent les films. La recherche contemporaine la considère comme une forme de régulation descendante (top-down) de l’expérience : les suggestions façonnent ce qu’une personne perçoit, ressent et fait, tandis que le sentiment d’agir volontairement peut s’en trouver réduit (Terhune et al., 2017).

Ce qui se passe dans le cerveau

Dans une étude menée à Stanford, Heidi Jiang, David Spiegel et leurs collègues ont examiné par imagerie cérébrale des personnes très hypnotisables pendant l’hypnose. Ils ont observé une baisse d’activité dans le cortex cingulaire antérieur dorsal, une région impliquée dans la surveillance, ainsi que des modifications de la connectivité entre le cortex préfrontal et des réseaux liés à la conscience corporelle et à la pensée autoréférentielle (Jiang et al., 2017). Une revue méta-analytique des études d’imagerie cérébrale sur l’hypnose relève elle aussi des changements dans les réseaux impliqués dans l’attention et l’auto-surveillance (Landry, Lifshitz & Raz, 2017).

En clair : là où la méditation tend à entraîner cette fonction de surveillance, l’hypnose tend à la mettre en sourdine. Les chercheurs qui ont comparé les deux, comme Michael Lifshitz, Natasha Campbell et Amir Raz, décrivent l’une et l’autre comme impliquant l’attention et, souvent, la suggestion, mais selon des configurations différentes (Lifshitz, Campbell & Raz, 2012). Voilà le véritable noyau scientifique de la différence entre méditation et hypnose.

Tout le monde ne réagit pas de la même façon

L’hypnotisabilité est un trait stable. Une étude de suivi classique a montré que les scores restaient remarquablement constants sur un intervalle de 25 ans (Piccione, Hilgard & Zimbardo, 1989). Dans tout grand public, il y a donc des personnes qui réagiront très fortement à la suggestion, et d’autres qui n’y réagiront presque pas. Irving Kirsch et Wayne Braffman ont également montré que la réceptivité à la suggestion existe même sans induction formelle ; l’induction ne l’augmente que modestement (Kirsch & Braffman, 2001).

Cela a une conséquence directe dans les grandes salles. Les personnes les plus suggestibles auront les réactions les plus spectaculaires. Ces réactions sont visibles, audibles et contagieuses. Le reste de la salle y lit la preuve qu’« il se passe quelque chose ».

Un outil clinique légitime

Soyons clairs : l’hypnose n’est pas une imposture. Entre des mains qualifiées, c’est un outil clinique reconnu, utilisé par exemple dans la prise en charge de la douleur et de l’anxiété. Le problème n’est jamais l’hypnose elle-même. Le problème, c’est l’hypnose qui ne dit pas son nom, sans consentement et sans les garde-fous qu’exige la pratique clinique.

Côte à côte

MéditationVisualisationHypnose
Mécanisme centralEntraînement de l’attention et de la méta-conscienceImagerie mentale délibéréeAttention focalisée + réponse accrue à la suggestion
Qui est l’auteur du contenu ?Le pratiquant (les consignes sont minimales)Le pratiquant ou un guideEn grande partie l’hypnotiseur, par ses suggestions
Auto-surveillanceRenforcéeVariableGénéralement réduite
Rythme typique du changementLent, cumulatifEffet émotionnel immédiatImmédiat, variable selon les personnes
Langage typique« Remarquez… revenez… laissez être »« Imaginez… voyez… sentez-vous… »« De plus en plus profond… vous allez constater que… »
Cadre appropriéPresque tous, avec un accompagnement pour les débutantsÉducation, sport, clinique, travail personnelClinique ou recherche, avec évaluation préalable et consentement

Anatomie d’une « méditation » sur scène

Revenez au palais des congrès et regardez-le à la lumière de la différence entre méditation et hypnose. Vous y trouverez généralement une combinaison des éléments suivants, tous bien connus de la recherche et de la pratique en hypnose.

1. L’induction

Les yeux fermés, un rétrécissement de l’attention, des consignes respiratoires de plus en plus lentes. C’est l’ouverture de nombreuses inductions hypnotiques.

2. L’approfondissement

« Allez plus profond… plus profond encore… à chaque respiration, vous descendez deux fois plus profond. » En méditation, il n’y a pas de « plus profond » à atteindre ; il y a seulement le fait de remarquer. Le langage de l’approfondissement est une signature des procédures hypnotiques.

3. La voix

La voix de l’orateur change : plus lente, plus grave, rythmée, parfois traitée par la sonorisation avec de la réverbération ou des effets de hauteur. Un débit lent, rythmé et répétitif est une caractéristique classique des scripts d’induction. Le traitement de la voix par la sonorisation est un ajout propre à la scène, conçu pour donner l’impression que la voix vient de l’intérieur de vous.

4. Les suggestions

« Vous allez sentir une chaleur… un relâchement… vous saurez que vous êtes prêt. » Ce ne sont pas des consignes d’attention. Ce sont des prédictions sur votre expérience, énoncées avec autorité. Chez les personnes suggestibles, elles ont tendance à se réaliser, et cela est ensuite présenté comme un signe.

5. La foule

Les émotions se propagent. Elaine Hatfield, John Cacioppo et Richard Rapson ont décrit la contagion émotionnelle : la tendance à imiter automatiquement les expressions et les émotions d’autrui, à se synchroniser avec elles et, par conséquent, à converger sur le plan émotionnel (Hatfield, Cacioppo & Rapson, 1993). Huit mille personnes dans une salle obscure, dont les plus suggestibles pleurent à voix haute, forment un amplificateur d’une efficacité redoutable.

6. Le contexte

De longues journées, peu de sommeil, une musique forte, des levers et des assis répétés, de fortes attentes et des sommes importantes déjà dépensées. Rien de tout cela n’est de la méditation. Tout cela accroît l’ouverture à la suggestion et aux pics émotionnels.

7. La « lecture » de l’expérience

Enfin, l’étape la plus importante et la moins visible : l’orateur explique à la salle ce que l’expérience signifiait. C’est dans cette interprétation, livrée alors que les gens sont encore émotionnellement ouverts, que réside la véritable influence.

Et les sons « spéciaux » ?

L’argument marketing

De nombreux événements et applications affirment utiliser des sons, le plus souvent des battements binauraux, qui « font basculer vos ondes cérébrales » vers des états thêta ou alpha. Un battement binaural se produit lorsque chaque oreille reçoit une fréquence légèrement différente et que le cerveau perçoit un troisième son, pulsé.

Ce que dit la recherche

Ici, l’honnêteté impose un rebondissement. La version la plus forte de cette affirmation n’est pas bien étayée. Une revue systématique de 2023, menée par Ingendoh, Posny et Heine, a examiné les études portant sur les battements binauraux et les oscillations cérébrales et a relevé des résultats incohérents : davantage d’études contredisaient l’hypothèse d’entraînement des ondes cérébrales qu’elles ne la confirmaient (Ingendoh, Posny & Heine, 2023). Une méta-analyse antérieure avait bien trouvé certains effets sur l’anxiété, la mémoire, l’attention et la perception de la douleur, avec une variabilité considérable d’une étude à l’autre (Garcia-Argibay, Santed & Reales, 2019).

Le problème de la scène n’est donc pas qu’un orateur détiendrait un son secret capable de prendre le contrôle de votre cerveau. C’est presque l’inverse. Le son est souvent vendu avec un mécanisme aux allures scientifiques que les données ne confirment pas clairement, tandis que les véritables moteurs de l’expérience (suggestion, voix, foule, fatigue, attentes) restent innommés.

C’est un double problème de transparence : une technique est mal nommée, et son mécanisme est mal décrit.

Pourquoi cette confusion ? Cinq hypothèses

Pourquoi un orateur appellerait-il « méditation » une procédure hypnotique ? Nous ne pouvons lire dans les pensées de personne, et il serait injuste de supposer le pire de tout le monde. Voici cinq hypothèses, de la plus charitable à la moins charitable.

1. Ils ne connaissent pas la différence

Beaucoup d’orateurs ont appris leurs scripts auprès d’autres orateurs. Le mot « méditation » figurait sur la diapositive ; personne ne s’est demandé ce qu’il signifiait. C’est fréquent, et c’est un problème de formation.

2. « Méditation » est un mot respectable

La méditation évoque le calme, la science, la santé. L’hypnose évoque les spectacles et la perte de contrôle. Si l’on veut l’effet de l’hypnose avec la réputation de la méditation, le choix du mot s’impose de lui-même.

3. La vraie méditation passe mal sur scène

Dix minutes d’attention silencieuse au souffle ne produisent aucun point culminant visible. Cela ne fait pas une bonne vidéo. Un voyage hypnotique guidé produit des larmes, des rires et des témoignages en quelques minutes.

4. Les pics émotionnels sont attribués à l’orateur

Quand on ressent quelque chose d’intense, on en cherche la cause. Le candidat le plus proche est la personne qui tient le micro. L’expérience devient la « preuve » du pouvoir de l’orateur, alors qu’elle a surtout été produite par l’imagination et la suggestibilité du public lui-même.

5. Les pics émotionnels précèdent l’offre

Dans certains événements, l’expérience collective la plus intense est suivie de peu par un argumentaire de vente. Les décisions prises dans un état d’émotion et de suggestibilité accrues ne valent pas celles que l’on prend à tête reposée. Que cet enchaînement soit délibéré ou non, il mérite d’être examiné de près.

Quelle qu’en soit la raison, l’effet sur le public est le même : on consent à une chose et on en reçoit une autre.

Les risques, en toute honnêteté

Il serait facile, et malhonnête, de peindre l’hypnose comme dangereuse et la méditation comme inoffensive. Les données sont plus nuancées.

L’hypnose

Steven Jay Lynn et ses collègues ont passé en revue les effets secondaires négatifs de l’hypnose et conclu que, dans les contextes de recherche et de clinique, ils sont généralement peu fréquents et transitoires. Ils ont également souligné que les contextes de spectacle, sans évaluation préalable, sans cadre clinique et sans suivi, soulèvent des préoccupations particulières (Lynn, Myer & Mackillop, 2000). Un événement de masse n’est pas une clinique.

La méditation

La méditation comporte elle aussi des risques. Jared Lindahl, Willoughby Britton et leurs collègues ont documenté un large éventail d’expériences difficiles chez des méditants, certaines éprouvantes et durables (Lindahl et al., 2017). Une revue systématique de Miguel Farias et ses collègues a estimé que des événements indésirables surviennent chez une minorité non négligeable de pratiquants (Farias et al., 2020).

La leçon

La ligne éthique ne passe donc pas entre une « bonne » méditation et une « mauvaise » hypnose. Elle passe entre les pratiques qui sont nommées, expliquées, consenties et encadrées en toute sécurité, et celles qui ne le sont pas. Tout état modifié de conscience, quelle que soit la manière dont on y parvient, mérite un consentement éclairé, une porte de sortie facile et une attention portée aux personnes potentiellement vulnérables.

Les engagements d’Ad Unum

À Reconnective Academy International, nous nous efforçons de faire ce que nous disons. Pour les pratiques guidées, dans les cours de l’Académie, y compris Ad Unum Experience et Ad Unum Energy Healing, cela se traduit par les engagements suivants.

  1. Nous appelons les choses par leur nom. Si nous guidons une méditation, c’est une méditation. Si nous utilisons l’imagerie, nous l’appelons visualisation. Si nous proposons un jour une pratique fondée sur la suggestion, nous le dirons explicitement. Nous n’appellerons jamais une chose du nom d’une autre.
  2. Nous expliquons avant de commencer. Les participants savent à l’avance ce qu’implique la pratique, combien de temps elle dure et à quoi elle sert.
  3. Participer reste toujours un choix. Chacun peut refuser, ouvrir les yeux, changer de position ou quitter la pratique à tout moment, sans explication et sans jugement.
  4. La sécurité passe en premier. Nous invitons les personnes qui traversent des difficultés psychologiques, ou qui sont suivies sur le plan médical ou psychologique, à en parler avec nous et avec leurs professionnels avant toute pratique intensive. Nos pratiques sont complémentaires d’un suivi médical ou psychologique, et ne s’y substituent jamais.
  5. Aucune interprétation n’est imposée. Ce que quelqu’un ressent pendant une pratique lui appartient. Nous ne nous en servons pas comme preuve de notre pouvoir ni du fait que quiconque serait « prêt ».
  6. Les décisions se prennent à tête reposée. Nous ne demandons à personne de prendre une décision commerciale dans le sillage émotionnel d’une pratique intense.

Ce n’est pas de la modestie pour le principe. Cela découle de la vision Ad Unum elle-même. Un chemin vers l’unité ne peut pas se construire sur une personne que l’on fait bouger à son insu. L’unité, telle que nous la comprenons, naît de la liberté et de la conscience, non de leur suspension. Pour en savoir plus, consultez nos piliers Philosophie et Croissance personnelle.

Une check-list pour le public

La prochaine fois que quelqu’un, sur une scène, dira « méditons ensemble », vous pourrez vous poser quelques questions. Aucune n’exige un diplôme en neurosciences.

  • Me demande-t-on de remarquer, ou d’imaginer ? « Remarquez votre souffle » relève du langage de la méditation. « Voyez une porte dorée » relève de la visualisation.
  • Me dit-on ce que je vais ressentir ? Des prédictions sur votre expérience, énoncées avec autorité, sont des suggestions.
  • Entend-on « de plus en plus profond » ? Le langage de l’approfondissement est une marque distinctive des procédures hypnotiques.
  • La voix ou le son ont-ils changé de façon spectaculaire ? Demandez-vous pourquoi.
  • M’a-t-on dit de quoi il s’agit, et demandé si je le souhaite ? Si ce n’est pas le cas, vous n’avez pas donné de consentement éclairé.
  • Que se passe-t-il juste après ? Si une expérience intense est suivie d’une offre, laissez passer une nuit avant de décider quoi que ce soit.
  • Puis-je arrêter ? Toujours. Ouvrez les yeux. Vous ne cassez rien.

Rien de tout cela n’est une invitation au cynisme. Les expériences intenses peuvent avoir du sens. Simplement, vous avez le droit de savoir ce qui les a produites.

Conclusion : le droit de savoir ce qui vous arrive

Méditation, visualisation et hypnose sont trois outils différents. Chacun a sa dignité, ses usages et ses risques. Le problème commence quand on intervertit les étiquettes : quand l’hypnose est vendue comme méditation, quand l’imagerie est vendue comme révélation, et quand un son est vendu avec un mécanisme qu’il ne possède pas de façon fiable.

Dans ce domaine, le sérieux n’est pas une affaire de solennité. Il consiste à dire aux gens ce que l’on s’apprête à faire de leur attention, à leur demander s’ils le souhaitent, et à les laisser libres. C’est l’exigence que nous nous imposons, et celle que nous invitons nos étudiants, comme nos confrères, à réclamer.

Si vous souhaitez découvrir comment les données scientifiques et l’expérience se rencontrent dans notre travail, consultez les piliers Science et Énergie et guérison.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre méditation et hypnose ?

La méditation entraîne l’attention et la conscience de ses propres processus mentaux ; le pratiquant reste l’auteur de l’expérience et apprend à observer ses pensées sans se laisser emporter par elles. L’hypnose est un état d’attention focalisée et de conscience périphérique réduite, dans lequel une personne répond plus facilement à des suggestions, généralement données par quelqu’un d’autre. L’une renforce la surveillance de soi ; l’autre agit en partie en la relâchant.

La méditation guidée, est-ce de l’hypnose ?

Pas nécessairement, mais les deux peuvent se recouper. Un guidage qui donne de brèves consignes sur l’endroit où placer son attention est proche de la méditation. Un guidage qui recourt à une induction, à un langage d’approfondissement et à des suggestions sur ce que vous allez ressentir, voir ou décider est, sur le plan fonctionnel, une procédure hypnotique, quel que soit le nom qu’on lui donne.

La visualisation est-elle une forme de méditation ?

La visualisation est l’usage délibéré de l’imagerie mentale. Certaines traditions contemplatives intègrent l’imagerie à la méditation : les deux ne s’opposent donc pas. Mais un voyage guidé à travers des scènes imaginées n’est pas, en soi, une méditation, et ne devrait pas être vendu comme tel.

Les battements binauraux modifient-ils les ondes cérébrales ?

Les données sont incohérentes. Une revue systématique de 2023 a constaté que les études sur les battements binauraux et les oscillations cérébrales aboutissaient à des résultats contradictoires, davantage d’études contredisant l’hypothèse d’entraînement qu’elles ne la confirmaient. Quelques effets modestes sur l’anxiété ou la perception de la douleur ont été rapportés, mais les affirmations fortes sur un « basculement » des ondes cérébrales ne sont pas étayées.

L’hypnose est-elle dangereuse ?

Dans les contextes de recherche et de clinique, les effets secondaires négatifs de l’hypnose sont généralement peu fréquents et de courte durée. Les préoccupations augmentent dans des contextes non encadrés, sans évaluation préalable, sans consentement ni suivi, comme les spectacles ou les événements de masse. Le même principe vaut pour la méditation, qui peut elle aussi avoir des effets indésirables chez certaines personnes.

Comment Ad Unum aborde-t-il les pratiques guidées ?

Ad Unum appelle chaque pratique par son vrai nom, explique à l’avance ce qu’elle implique, invite chaque participant à y prendre part ou non, et préserve la liberté d’ouvrir les yeux ou de s’arrêter à tout moment. Si une pratique fait appel à la suggestion ou à l’imagerie, les participants en sont informés au préalable.

La méditation ou l’hypnose peuvent-elles remplacer une thérapie ?

Non. En dehors d’un cadre clinique, ce sont des pratiques de bien-être et de conscience de soi. Elles peuvent compléter un suivi médical ou psychologique, mais jamais le remplacer. L’hypnose clinique ne devrait être pratiquée que par des professionnels de santé qualifiés.

Sources

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  2. Lutz, A., Slagter, H. A., Dunne, J. D., & Davidson, R. J. (2008). Attention regulation and monitoring in meditation. Trends in Cognitive Sciences, 12(4), 163–169. https://doi.org/10.1016/j.tics.2008.01.005
  3. Dahl, C. J., Lutz, A., & Davidson, R. J. (2015). Reconstructing and deconstructing the self: Cognitive mechanisms in meditation practice. Trends in Cognitive Sciences, 19(9), 515–523. https://doi.org/10.1016/j.tics.2015.07.001
  4. Brewer, J. A., Worhunsky, P. D., Gray, J. R., Tang, Y.-Y., Weber, J., & Kober, H. (2011). Meditation experience is associated with differences in default mode network activity and connectivity. PNAS, 108(50), 20254–20259. https://doi.org/10.1073/pnas.1112029108
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  6. Pearson, J., Naselaris, T., Holmes, E. A., & Kosslyn, S. M. (2015). Mental imagery: Functional mechanisms and clinical applications. Trends in Cognitive Sciences, 19(10), 590–602. https://doi.org/10.1016/j.tics.2015.08.003
  7. Terhune, D. B., Cleeremans, A., Raz, A., & Lynn, S. J. (2017). Hypnosis and top-down regulation of consciousness. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 81, 59–74. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2017.02.002
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  10. Lifshitz, M., Campbell, N. K. J., & Raz, A. (2012). Varieties of attention in hypnosis and meditation. Consciousness and Cognition, 21(3), 1582–1585. https://doi.org/10.1016/j.concog.2012.05.008
  11. Piccione, C., Hilgard, E. R., & Zimbardo, P. G. (1989). On the degree of stability of measured hypnotizability over a 25-year period. Journal of Personality and Social Psychology, 56(2), 289–295. https://doi.org/10.1037/0022-3514.56.2.289
  12. Kirsch, I., & Braffman, W. (2001). Imaginative suggestibility and hypnotizability. Current Directions in Psychological Science, 10(2), 57–61. https://doi.org/10.1111/1467-8721.00115
  13. Hatfield, E., Cacioppo, J. T., & Rapson, R. L. (1993). Emotional contagion. Current Directions in Psychological Science, 2(3), 96–100. https://doi.org/10.1111/1467-8721.ep10770953
  14. Ingendoh, R. M., Posny, E. S., & Heine, A. (2023). Binaural beats to entrain the brain? A systematic review of the effects of binaural beat stimulation on brain oscillatory activity, and the implications for psychological research and intervention. PLOS ONE, 18(5), e0286023. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0286023
  15. Garcia-Argibay, M., Santed, M. A., & Reales, J. M. (2019). Efficacy of binaural auditory beats in cognition, anxiety, and pain perception: A meta-analysis. Psychological Research, 83(2), 357–372. https://doi.org/10.1007/s00426-018-1066-8
  16. Lynn, S. J., Myer, E., & Mackillop, J. (2000). The systematic study of negative post-hypnotic effects: Research hypnosis, clinical hypnosis and stage hypnosis. Contemporary Hypnosis, 17(3), 127–131. https://doi.org/10.1002/ch.201
  17. Lindahl, J. R., Fisher, N. E., Cooper, D. J., Rosen, R. K., & Britton, W. B. (2017). The varieties of contemplative experience: A mixed-methods study of meditation-related challenges in Western Buddhists. PLOS ONE, 12(5), e0176239. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0176239
  18. Farias, M., Maraldi, E., Wallenkampf, K. C., & Lucchetti, G. (2020). Adverse events in meditation practices and meditation-based therapies: A systematic review. Acta Psychiatrica Scandinavica, 142(5), 374–393. https://doi.org/10.1111/acps.13225

Cet article a une vocation éducative et de bien-être. Il ne constitue pas un avis médical ou psychologique. Les pratiques décrites sont complémentaires d’un accompagnement professionnel, et ne s’y substituent jamais. Aucune personne, aucun événement ni aucune organisation en particulier n’est visé ; la scène du palais des congrès est une composition.


Guglielmo Poli, Director of Reconnective Academy International

Guglielmo Poli
Directeur de Reconnective Academy International
Auteur de Consciousness and Healing
Fondateur d’Ad Unum Experience

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